5o8 NOTES SUR L'ÉLOGE
tôt à vos ennemis, pour sauver l’Élat, des conquêtes que vous nopouvez d'ailleurs retenir sans injustice. N’ctes-vous pas trop heureux <dans vos malheurs, que I)ieu lasse Unir les prospérités qui vous ontaveuglé ‘, et qu’il vous contraigne de l'aire des restitutions essentiellesà votre salut, que vous n’auriez jamais pu vous résoudre à faire dansun état paisible et triomphant? La personne qui vous dit ces vérités,sire, bien loin d’être contraire à vôs intérêts, donnerait sa vie pourvous voir tel que Dieu vous veut, et elle ne cesse de prier pour vous. »
(6) U n’écrivit contre eux, si on les en croit, que par reconnaissancepour le P. de La Chaise, qui, dans sa querelle avec ISossuct, l’avaitdélendu à la cour, autant qu’un jésuite courtisan pouvait défendre lavertu opprimée. Fénélon était bien incapable d’un pareil motif. Sabonne foi en matière de religion était si vraie et si pure , que, sur lesquerelles du jansénisme, il avait embrassé les opinions de Bossuet, aveclequel il s’accordait si peu sur tout le reste. Mais ce qui était bien propreà l’archevêque de Cambrai, c’était le sentiment de charité dont il fai-sait profession pour les jansénistes, les protestans, les incrédules même.
On a imprimé que vers la fin de sa vie, il étendit ses principes detolérance encore plus loin qu’il n’avait fait jusqu’alors. Il ne pouvait,dit-on, se persuader que cet litre .suprême, qu’il appelait bon, etqu’on ne devrait jamais appeler autrement, rendît éternellement mal-heureux des millions d'hommes pour avoir ignoré, soit par le malheurtics circonstances , soit par celui de leurs lumières , des vérités que sasagesse impénétrable semble n’avoir voulu révéler qu’à une petite partiede la terre. Il en concluait, ajoute-t-ou, non pas que toutes les reli-gions étaient égales , il aimait trop la sienne, mais que Dieu pardon-nerait à ceux qui, attachés dans la simplicité de leur cœur au cultequ’ils croyaient lui être le plus agréable, apporteraient aux pieds deson trône le premier et le plus indispensable de tous les cultes , la bien-faisance, la charité et la justice. On assure enfin que les scnlimcns d’hu-manité, de douceur et île paix dont ce vertueux archevêque se pénétrade plus en plus à mesure qu’il avança en âge, lui firent regarder avecindifférence, dans ses dernières années, toutes les disputes théologiquc®dont il s’était trop long-temps occupé pour son bonheur cl son rcp° s 'Nous ne garantissons pas ces faits ; nous sommes encore plus éloigne®et plus incapables d’apprécier les opinions qu’on prête à l’arclicvéq"®de Cambrai sur ces matières. Nous croyons seulement que, s'il a ctedans l’erreur, on doit lui pardonner en faveur du motif, et que ^théologie peut le condamner, mais que l'humanité doit l’absoudre-
* Ceci semble prouver que oette lettre a etc écrite apres Païïairc u® ^Iloguc, en , premier malheur de Louis XIV , peut-être même j
prise de Pondichéry par les Hollandais, en iGq 3, qui pouvait oblige 1 ' *à ces restitutions dont parle ïénélon. ^
JVota, Des notes que nous avons mises h cette lettre, ou pont conclu* 0assez de certitude qu'elle a été écrite en 1694 ; toutes les époques s’nccoià cette date.