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Tome troisième.
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4o2 NOTES SUR L’ÉLOGE

( 2 ) On assure que Voltaire ayant fait présenter aux comédiens sa tra-gédie de Mérope, sans leur apprendre qu’il en était l'auteur, elle futrefusée, parce qu'il n’y avait point dans cette pièce d’autre amour quela tendresse maternelle , et qu’en conséquence les acteurs n’en atten-daient aucun succès. Voltaire apprit en riant cette décision à un de sesamis, qui révéla le secret aux comédiens , et demanda une seconde lec-ture. Us n’osèrent alors refuser de représenter la pièce ; mais toujoursincertains de la réussite , ils demandèrent à l’auteur, et en obtinrent lapermission de la jouer sans l’avoir affichée. Ils n’eurent pas lieu de serepentir de cette réticence, sans laquelle peut-être, grâce aux ennemisde Voltaire , et au préjugé public sur la nécessité de l'amour dans lestragédies, la première représentation aurait été pour le moins fortorageuse.

(3) Nous observerons, soit pour excuser, soit pour aggraver le tortde notre académicien en cette occasion , que la comparaison si peu dé-cente des auteurs avec les animaux, avait déjà été employée par unmonarque , bien peu digne à tous égards d’être pris pour modèle, parCharles IX, qui disait, en parlant des poètes , qu’/V fallait les traitercomme les chevaux, les nourrir sans les engraisser, et qui a passénéanmoins pour amateur des lettres ; tant ceux qui les cultivent sont peudifficiles pour accorder ce titre aux princes même qui le méritent lemoins !

(4) La fama, disent les Italiens , e viva a i vivi, e morta a i morli(la gloire est vivante pour les vivans , et morte pour les morts), parcequ’on n’en jouit, ajoutent-ils , que pendant sa vie , et qu'après la morton y est insensible. Mais on peut dire aussi dans un sens tout opposé :La fama e morta a i vivi, e viva a i morti ; et ce qui est encore plusvrai, la invidia e viva a i vivi , e morta a i morti.

L’absence fait à peu près pour l’envie le même effet que la mort : ellel’apaise en écartant son objet. Un illustre écrivain , retiré de Francedepuis long-temps , demandait ce que ses chers compatriotes disaient delui : « Beaucoup de bien , lui répondit un ami, et vous avez dû vous y» attendre; ne voyez-vous pas que vous êtes mort, et qu’ils vous en» tiennent compte ? Mais gardez-vous de reparaître à leurs yeux : vousn êtes perdu si vous faites la folie de ressusciter. »

(5) Voyez ce que dit Voltaire , dans une lettre sur le Maximien deM. de La Chaussée. « Les démêlés de Constantin avec Maximien, et» son extrême ingratitude envers lui, ont déjà fourni une tragédie à» Thomas Corneille, qui a traité à sa manière la prétendue conspira-» tion de Maximien. Fausta se trouve dans cette pièce entre son mari» et son père ; ce qui produit des situations fort touchantes. Le complot» est très-intrigué, et c’est une de ces pièces dans le goût de Camma» et de Timocrate. Elle eut beaucoup de succès dans son temps ; mais» elle est tombée dans l’oubli avec presque toutes les pièces de Thomas