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Tome troisième.
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DE DU MARSAIS. 487

l'indépendance de nos rois, et sur les droits de nos évêques ;tandis que chez les nations imbues des opinions contraires , toutparle publiquement et sans crainte contre la justice et la vérité.Nous ignorons si ces plaintes étaient fondées dans le temps quedu Marsais écrivait ; mais la France connaît mieux aujourd’huises vrais intérêts. Ceux entre les mains desquels le manuscrit del'auteur est tombé après sa mort, moins timides ou plus heu-reux que lui, en ont fait part au public. Les ouvrages pleins devérités hardies et utiles, dont le genre humain est de temps entemps redevable au courage de quelque homme de lettres , sontaux yeux de la postérité la gloire des gouvernemens qui les pro-tègent , la censure de ceux qui ne savent pas les encourager, etla honte de ceux qui les proscrivent.

La suppréssion de ce livre eût été sans doute une perte pourles citoyens ; mais les philosophes doivent regretter encore plusque du Marsais n’ait pas publié sa Réponse à la critique de l’his-toire des oracles ; ou n’a trouvé dans ses papiers que des frag-mens imparfaits de cette réponse, à laquelle il ne paraît pas avoirmis la dernière main. Pour la faire connaître en détail , il fautreprendre les choses de plus haut.

Fontenelle avait donné erf 1686, d’après le médecin Vandale ,Y Histoire des oracles , un de ses meilleurs ouvrages, et peut-êtrecelui de tous auquel le suffrage unanime de la postérité est leplus assuré. Il y soutient, comme tout le inonde sait, que lesoracles étaient l’ouvrage de la superstition et de la fourberie ,et non celui des démons, et qu’ils n’ont point cessé à la venuede Jésus-Christ. Le P. Baltus , jésuite , vingt ans après la publ -cation de ce livre , crut qu’il était de sou devoir d’en prévenirles effets dangereux , et se proposa de le réfuter. Il soutint, avectoute la modération qu’un théologien peut se permettre, queFontenelle avait attaqué une des principales preuves du chris-tianisme , pour avoir prétendu que les prêtres païens étaient desimposteurs ou des dupes. Cependant en avançant une opinionsi singulière, le critique avait eu l’art de lier son système à lareligion, quoiqu’il y soit réellement contraire par les armesqu’il peut fournir aux incrédules. La cause du philosophe étaitjuste, mais les dévots étaient soulevés; et s’il répondait, il étaitperdu. Il eut donc la sagesse de demeurer dans le silence, et des abstenir d’une défense facile et dangereuse, dont le public l’adispensé depuis en lisant tous les matins son ouvrage , et en nelisant point celui de son adversaire. Du Marsais, jeune encore,avide de se signaler , et n’ayant à risquer ni places ni fortune ,entrepritde justifier Fontenelle contre les imputations du pèreBaltus. Il accusait le critique de n’avoir point entendu les Pères