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Tome cinquième.
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*88 CORRESPONDANCE

Je ne sais pas si le parlement de Toulouse rendra justice au pau-vre Sirven ; je le souhaite pour son honneur, j’entends pour celuidu parlement. A propos de Sirven , Damilaville avait un pauvredomestique qui l’a logé pendant long-temps, et à qui son maîtreavait promis de lui procurer pour cette bonne œuvre quelquegratification dont il a besoin, étant chargé de famille. MadameDenis m’a promis de vous en parler. Elle vous dira d’ailleurs quenous continuons, comme de raison, à la cour et à la ville , à direet faire beaucoup de sottises ; mais elle ne vous dira sûrementpas assez combien je vous aime et vous regrette, et combienj aurais de désir de vous embrasser encore une fois. En atten-dant, je vous embrasse, en esprit et en âme, de toutes mes forceset de tout mon cœur,

P. S. J’espérais un peu de l’infant duc de Parme, attendu labonne éducation qu’il a eue ; mais où il n’y a point d’âme ,l’éducation n’a rien à faire. J’apprends que ce prince passe lajournée à voir des moines, et que sa femme , Autrichienne etsuperstitieuse, sera la maîtresse. O ! pauvre philosophie, quedeviendrez-vous ? Il faut cependant tenir bon et combattrejusqu’à la fin.

Faisons notre devoir, et laissons faire aux dieux.

Paris, 9 novembre 1769.

C^UE béni soit l’hommé de Dieu , mon très-cher et très-illustremaître, qui travaille à un mémoire pour la famille de ce mal-heureux ! j’espère que ce mémoire ne sera pas déshonoré par lamauvaise rhétorique du palais , comme l’ont été ceux de Calas.J’attends qu’un de mes amis et de mes confrères à l’Académiedes sciences , M. Dionis du Séjour , homme vertueux et éclairé,quoique conseiller de la cour , soit de retour de la campagne,pour tirer au clair cette histoire abominable qui doit acheverde couvrir de honte ces juges du dixième siècle , bien indignesde vivre au dix-huitième siècle, à moins que ce ne soit pour yêtre traités comme ils ont traité Martin.

Je n’ai point lu cette pièce de vers intitulée Michaut et Michel;on dit que les deux héros sont Michel de Saint-Fargeau etMichault de Monturon de Montblin, deux fanatiques du parle-ment , bien connus pour tels ; si la pièce est bonne , comme onle dit, je souhaite qu’elle soit publique et que l’auteur ne sefasse pas connaître. Je ne manquerai pas, au reste, d’assurer,et c’est la vérité , que vous n’y avez aucune part. Il est sûr quela pièce existe, mais elle est peu connue.