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Tome cinquième.
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AVEC VOLTAIRE. 217

belle proposition latine. La philosophie . n’est pas plus

ennemie de Dieu que des rois, et on ajoute que ce sujet lui-mêmeest tres-philosoiihique. Je sais qu’on se prépare à se moquer delui dans d’autres journaux, sans compter peut-être ce qui luiviendra d’ailleurs.

Le comte d’Hessenstein , pénétré de reconnaissance pour vous,a écrit à madame Geoffrin pour la prier de faire insérer, dansle Mercure et dans le Journal encyclopédique, l’un et l’autrefort lus dans le Nord , l’extrait de la lettre que vous m’avezécrite à son sujet. J’ai répondu que je n’en ferais rien sans votreaveu : ainsi réponse à ce sujet, si vous le voulez bien. Pour quevous n’achetiez pas chat en poche, voici ce que vous m’avezmandé , et que je ferais imprimer , si vous le trouvez bon.

« Je me trouve* d’accord avec madame de ** ¥ ( madame» Geoffrin) dans son attachement pour le roi de Pologne, et

» dans son estime pour M. le comte d’Hessenstein.J’admire

» Gustave III, et j’aime surtout passionnément sa renonciation» solennelle au pouvoir arbitraire : je n’estime pas moins la» conduite noble et les sentimens de M. le comte d’Hessenstein.» Le roi de Suède lui a rendu justice ; la bonne compagnie de» Paris et les Welclies mêmes la lui rendront: pour moi, je» commence par la lui rendre très-hardiment. »

Adieu , mon cher maître ; je vous embrasse de tout moncœur. Je travaille à la continuation de l’ Histoire de VAcadémieFrançaise. Il y est souvent question de vous, et vous pouvezvous en rapporter à moi. Vale. Mes respects à madame Denis;j’espère que sa santé sera meilleure.

Paris, 18 janvier 1773.

J’ai entendu parler , mon cher maître, de cetavocat Belleguier ;on m’a dit que c’est un jeune homme qui promet beaucoup; ila même écrit je ne sais quoi dans l’affaire des Calas , qui a faitplus de bien , dit-on, à la cause de celte malheureuse famille ,que toutes les bavardes déclamations des avocats Loyseau etBeaumont, que Dieu fasse taire.

Encore une fois, n’ayez pas peur que l’Université se rétracte.Je ne doute point que nous ne voyons (ou voyions) incessam-ment, dans les feuilles d’Aliboron, une belle diatribe pourprouver qu’on ne pouvait pas dire en meilleur latin, que laphilosophie n’est pas moins ennemie du trône que de l autel.Vous aurez vu, sans doute, le numéro 3 de la Gazette littérairedes Deux-Ponts de cette année , où l’on traduit en bon françaisle beau latin de cette canaille, et où l’on félicite un corps aussi