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Tome cinquième.
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AVEC VOLTAIRE. 223

ces complaisances sont en pure perte pour lui et pour la causecommune. Sur ce , Bertrand embrasse et remercie Raton de toutson cœur.

Paris, 37 février 1773.

Bertrand a reçii tous les sacs de marrons que Raton lui aenvoyés ; mais quel plaisir qu’il ait eu à les manger , il n’a guèreen ce moment plus d’envie de rire que Raton. Cette stranguriemaudite l’alarme et l’inquiète , et elle alarme avec lui tous lesBertrands qui aimeraient bien mieux que Raton pissât, que decroquer tous les marrons du monde. Ils ont beau bénir la pâtede Raton , ils ne tiennent rien , si pendant ce temps Raton mau-dit sa vessie. Ils exhortent, ils prient, ils conjurent Raton dene plus songer qu’à pisser, et de laisser là les marrons dontl’odeur pourrait porter à sa vessie.

Bertrand ne sait pas précisément quels sont les auteurs desTrois siècles ; mais il est sûr, et même évident, en parcourantcette rapsodie, que plus d’un polisson y a travaillé, quoi qu’endise le polisson qui a bien voulu barbouiller son nom de toutel’ordure des autres. Bertrand a entendu nommer Clément, Pa-lissot, Linguet, l’abbé Bergier, Pompignan, le jésuite Grou,auteur d’une mauvaise traduction de Platon, auquel on ajoutebeaucoup d’autres jésuites sans les nommer. Il est certain quecette canaille ( qui, par parenthèse, va , dit-on , être enfin pros-crite ) a mis beaucoup de torche-culs dans cette garde-robe ;voilà tout ce que Bertrand a pu savoir là-dessus.

A l’égard de la lettre sur mademoiselle Raucourt, il s’enfaut bien que l’histoire de la lecture soit telle que la vieille pou-pée l’a mandé avec candeur à Raton ; mais tant que Raton nepissera pas , Bertrand croirait être cruel de lui ôter sa vieillepoupée, et d’empêclier qu’il ne s’en amuse, et qu’il ne la coiffeà sa fantaisie. C’est sans doute par un juste jugement de Dieu,que le libraire ou voleur Valade a imprimé ces Lois de Minos,pour empêcher qu’elles ne fussent dédiées à la poupée de Raton,ou à la vieille p. .. dont il écrivait, il n’y a pas long-temps,quelle avait passé sa vie à lui faire des niches et des caresses.Ce qu’il y a de sûr , c’est que l’histoire de l’Académie ne serapas dédiée à la vieille poupée, et qu’il y sera fait mention (Pellecomme elle le mérite.

Raton doit avoir reçu un ouvrage qui l’aura consolé un mo-ment de toutes les infamies qui avilissent la littérature ; ce sontles 'Eloges des anciens académiciens, par M. de Condorcet.Quelqu’un me demandait l’autre jour ce que je pensais de cet