Band 
Tome cinquième.
Seite
264
JPEG-Download
 

*64 CORRESPONDANCE

trajet de Londres à Berlin par mer sera beaucoup plus court,

moins embarrassant et moins dispendieux que le voyage par terre

de Paris à Berlin , que la difficulté des chemins, l’incommodité

des voitures, et l’ignorance de la langue auraient rendu long et

difficile.

M. de La Grange m’a parlé, sire, d’un autre excellent sujetdont il croit que votre majesté pourrait faire aisément l’acquisi-tion pour son service militaire, et même, comme par surcroît,pour son académie. Il se nomme M. le chevalier Daviet deFoncenex, homme de condition et de beaucoup de mérite , sur-tout dans la partie de l’artillerie et du génie; M. de La Grangeest persuadé qu’il serait propre à former en ce genre une excel-lente école. Il est actuellement sur mer, employé dans la marinedu roi de Sardaigne, où il est peu satisfait de son traitement ; ilsera de retour au mois de novembre ; votre majesté pourraits’informer de cet officier par quelqu’un des officiers piémontaisqui sont à son service ; car M. de La Grange ne voudrait pas luiécrire directement pour cet objet, par des raisons que votremajesté comprendra facilement; mais il me paraît persuadéque votre majesté ferait en M. de Foncenex une excellente ac-quisition.

Permettez-moi, sire, de me féliciter d’avoir enfin pu donnerà votre majesté des marques de mon attachement et de monzèle, en procurant à son académie un sujet qui y sera bien plusutile que moi, et qui est destiné à lui faire le plus grand hon-neur par ses travaux et ses talens. Mon peu de santé a presqueéteint le peu d’ardeur et de génie que la nature m’avait donné,et il faut que je songe à faire retraite ; mais ce qui ne s’éteindrajamais en moi, ce sont les sentimens de reconnaissance, d’ad-miration , d’attachement inviolable et de profond respect, aveclesquels je serai toute ma vie, etc.

Paris, i 4 septembre 1776.

Sire, ce seraM. de La Grange qui aura l’honneur de remettreà votre majesté cette lettre ; j’ai tout lieu de croire , par la con-naissance que j’ai de son heureux génie , de son ardeur pour letravail, et de la douceur de son caractère, que votre majestéme saura quelque gré d’avoir procuré à son académie un savantde son mérite; je ne crains point d’assurer que sa réputation,déjà très-grande, ira toujours croissant, et que les sciences, sire,vous auront une éternelle obligation de l’état aussi honorablequ’avantageux que vous voulez bien lui procurer. Je prends la