266 CORRESPONDANCE
et moins embarrassante ([u’elle n’eût été par terre en partant [ sd’.ici. s
Je suis avec le plus profond respect, etc. à
Paris, ai novembre 1776. ' ^
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OiRE, la lettre que votre majesté m’a fait l’honneur de m’e- c
crire m’a comblé de la plus vive satisfaction ; je vois que votre j (
majesté n’a pas été mécontente des conversations qu’elle a eues p
avec M. de La Grange, et qu’elle a trouvé que ce grand géo-mètre était encore, comme j’avais eu l’honneur de le lui dire ,un excellent philosophe , et d’ailleurs versé" dans la littératureagréable. J’ose assurer votre majesté qu’elle sera de plus en plus ^
satisfaite de l'acquisition qu’elle a faite en lui, et qu’elle le trou- d
vera digne de ses bontés par son caractère , aussi bien que par ses p
talens. Il me paraît, sire, pénétré de reconnaissance de la ma- n
nière dont votre majesté l’a reçu, et enchanté de la conversation n
qu’elle a bien voulu avoir avec lui; il est bien résolu de faire b
tous ses efforts pour répondre à l’idée que votre majesté a de lui, c<
et dont il est infiniment flatté ; M. de La Grange, sire , rem- a
plira cette idée , je ne crois pas rien hasarder en vous l’assurant; n
il nous effacera tous, ou du moins empêchera qu’on ne nous q
regrette. Pour moi, je ne suis plus, sire , qu’un vieil officier ré- ti
formé en géométrie ; ma tête n’est presque plus capable du genre ti
d’application que ce travail exige , et ma santé , quoique pas- d
sable, ne se soutient un peu que par le repos et le régime. Je ne n:
suis pas sans espérance de revoir un jour votre majesté , et de ai
mettre de nouveau à ses pieds les sentimens si justes dont je suis n
pénétré pour elle. Votre majesté prétend que si je ne me hâte gi
pas ,.je la trouverai radotante : je suis bien sûr qu’elle n’est pas n
faite pour radoter jamais ; mais, si par malheur cela arrivait, jene serais pas pour elle un juge fort redoutable; car pour peu hi
que ma tête s’affaiblisse, elle ne sera pas loin d’en faire autant. el
J’ai admiré, sire, et j’ai fait admirer à nos philosophes de ce el
pays-ci, tout ce que votre majesté me fait l’honneur de me dire ni
sur les abu^et les atrocités absurdes de la jurisprudence crimi- so
nelle française , sur le fanatisme égal, quoique opposé , de notre sa
parlement et de nos prêtres, et sur le parti que doit prendre un di
homme raisonnable au milieu de tant de cervelles échauffées et ti
dérangées. C’est aussi, sire, celui que je prends ; mépriser les p,
fous et honorer les sages , voilà ma devise , et à peu près tout ce vi
que je puis faire pour la raison, à laquelle je ne puis plus guèreêtre utile que par mes vœux en sa faveur. Mais les premiers, ti
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