AVEC LE ROI DE PRUSSE. 299
ïnots, le grand Frédéric Fhonora de ses bienfaits et de sesbontés.
Votre majesté demande ce que nous désirons d’elle pource monument? Un écu, sire, et votre nom, qu’elle nousaccorde d’une manière si digne et si généreuse. Le maréchalde Richelieu a donné vingt louis ; les souscriptions ne nousmanquent pas ; mais elles ne seraient rien sans la vôtre , etnous recevrons avec reconnaissance ce qu’il plaira à votremajesté de donner. *
Permettez-moi, sire, de remercier par la même occasionvotre majesté de la grâce qu’elle a faite à M. Coclxius en lenommant de l’académie , et en lui accordant ftne pension ;il est digne des bontés de votre majesté par sôn respect et sonattachement pour elle; par son mérite et par son peu de for-tune. J’oserai en même temps, sire, recommander de nouveauà ces mêmes bontés M. Béguelin, qui vient de donner dansles Mémoires de VAcadémie d’excellentes recherches sur leslunettes achromatiques, très-propres à perfectionner cet objetimportant. Outre l’estime que je fais de ses talens, je luidois encore de la reconnaissance pour quelques excellentesremarques qu’il a faites sur un de mes écrits qui a rapportau même objet.
Je suis avec le plus profond respect, la plus vive admiration,et une reconnaissance éternelle, etc.
P. S. L’Académie Française, sire , vient d’arrêter d’une voixunanime que la lettre dont votre majesté m’a honoré, seraitinsérée dans ses registres , comme un monument honorable àM. de Voltaire et aux lettres; elle me charge , sire , de mettreà vos pieds sa très-liumhle reconnaissance et son profond respect.
Paris, 3 o novembre 1770.
O ire, j’ai trouvé, en arrivant à Paris il y a trois jours, troislettres dont votre majesté m’a honoré pendant mon voyage ,et qui n’ont pu m’être envoyées , parce qu’ayant fait environcinq cents lieues en deux mois, tant pour l’aller que pourle retour-, et par conséquent étant peu resté dans les mêmeslieux, il était difficile qu’on pût savoir oh me les adresser.Je supplie donc d’abord très-humblement votre majesté dem’excuser, si je n’ai pas eu l’honneur de lui répondre plus tôt ;elle voit au moins que c’est le premier devoir dont je m’ac-quitte après quelques moinens de repos indispensablementnecessaires. Je la supplie en second lieu de me permettre de