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Tome cinquième.
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AVEC LE ROI DE PRESSE. 4<j5

avec les pièces authentiques qu’il avait en inain ; le curé, quise sentait appuyé, lui dit qu’il en était le maître; tous les amisde M. de Voltaire étaient d’avis que sa famille employât lesvoies juridiques; on disait hautement que les magistrats quiavaient tant fait administrer et enterrer de jansénistes, ne pour-raient, en bonne justice, refuser la même grâce à M. de Vol-taire , après la déclaration qu’il avait faite : malgré ces repré-sentations, la famille eut peur du parlement, qui n’aimant pasM. de Yoltaire , à causeries épigrammes dont cette compagniea souvent été l’objet dans ses ouvrages, aurait pu en celte oc-casion ne lui être pas favorable : le public ne pensait pas ainsi,et soutenait que le parlement aurait été forcé en cette circons-tance par la voix publique, malgré toute la mauvaise volontéqu’il pouvait avoir; il y avait d’ailleurs un grand nombre demagistrats, surtout parmi les jeunes gens, et quelques unsmême parmi les vieillards , qui paraissaient très-bien disposés.Malgré toutes ces représentations , la crainte des parens fut plusforte que la raison, et ils se sont tenus dans une inaction que lepublic a fort désapprouvée.

Le samedi 3o mai, jour de la mort, l’abbé Gaultier, quel-ques heures avant ce fatal moment, offrit encore ses services,par une lettre qu’il écrivit à l’abbé Mignot ; celui-ci alla sur-le-champ chercher l’abbé Gaultier et le curé de Saiut-Sulpice quivinrent ensemble ; le curé s’approcha du malade et lui prononçale mot de Jésus-Christ ; à ce mot, M. de Voltaire, qui étaittoujours dans l’assoupissement, ouvrit les yeux et fit un geste dela main comme pour renvoyer le curé, en disant, laissez-moimourir en paix ; le curé , plus modéré en cette occasion et plusraisonnable qu’à lui n’appartenait, se tourna vers ceux quiétaient présens, et dit : Vous voyez hien, messieurs, qu’il n’apas sa tête; il l’avait pourtant très-bien en ce moment, maisles assistons, comme vous croyez bien, sire, n’eurent garde decontredire le curé. Ce capelan se retira ensuite, et dans lespropos qu’il tint à la famille , il eut la maladresse de se déceler,et de prouver clairement que toute sa conduite était une affairede vanité. Il leur dit qu’on avait tr'es-malfait d’appeler l’abbéGaultier, que cet homme avait tout giité, qu’on aurait dû s’a-dresser à lui’ seul, curé du malade ; qu’il l’aurait vu en particu-lier et sans témoins, et qu’il aurait tout arrangé. Il persistanéanmoins à lui refuser la sépulture ecclésiastique, et donnaseulement son consentement par écrit que M. de Voltaire fûtporté ailleurs. Si la profession de foi avait été donnée directe-ment au curé , il se serait sûrement rendu plus facile ; il auraitfait trophée de celte déclaration comme d'une victoire par lui