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Tome cinquième.
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A LA CORRESPONDANCE PARTICULIÈRE. 4:7Ames faibles et pusillanimes ! le moindre intérêt découvre lefond de votre cœur, les moindres périls vous alarment, l’amourde la justice disparaît de vos cœurs, parce qu’il est étouffe parun autre amour plus dominant, celui de votre intérêt personnel.et il en sera toujours ainsi, jusqu’à ce que le cœur n’obéisse qu a

un seul maître, et que l’amour-propre soit pleinement soumis

à celui de la justice.-

Ecoutez la voix de ce monarque auguste. Si vous aviez à bra-ver les menaces et les craintes d’un despote , vous devriezdétourner les coups redoublés d’un lomjerre foudroyant : maissa justice , sa bonté et sa clémence furent toujours son apa-nage.Étouffez pour jamais tout intérêt personnel. Sans

ces heureuses dispositions , les services que vous rendrez à l’etatseront peu importans et auront tous le caractère des actions lesplus lâches, et l’empreinte du mépris le plus souverain pour leslois.

ENVOI A GUSTAVE, ROI DE SUÈDE.

Sire, de quel sentiment de respect et d’admiration je fus saisiquand j’entendis votre majesté prononcer cet arrêt plein de justiceet d’équite' :

« Magistrats, pour qui ma bonté sera toujours sans réserve ,

» c’est une fidélité à toute épreuve que j’exige de vous ; vous ne» devez écouler que votre devoir, et ne connaître aussi que votre» maître; vous ne recevrez jamais rien ni d’un étranger, ni» même d’aucun prince qui n’a pas la conduite de l’État ; vous» serez essentiellement ennemis de toutes les factions et de tous» les partis qui se forment contre le gouvernement ; vous ne» serez éblouis par aucun prétexte du bien public ; vous ne serez» lentes par aucune espérance de réforme ; aucune disgrâce ne» sera capable d’affaiblir votre inviolable attachement pour moi.» Le devoir et la conscience vous en font un principe , et non» l’intérêt, et dans des temps difficiles, vous serez prêts à tout» quitter, à tout sacrifier, à tout perdre pour un prince qui» vous aurait peu ménagés , et qui n’aurait pas rendu justice à” votre mérite. C’est là la fidélité inviolable que j’exige de vous. »En effet , sire, cet amour unique de la justice se manifestepar l’amour du bien public , qui est la grande qualité d’un ma-gistrat , et qui est fondé sur le désintéressement ; car dès qu’ontient à quelque intérêt particulier , on est incapable de soutenircomme il faut l’intérêt public ; et l’on mesure de telle sorte toutce qu’on dit et tout ce qu’on fait, qu’on pense plus à soi qu’au