VIE 1)E JACQUELINE PAR SA SOEUR.
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choses que faisoit ma sœur, et il la pria de faire des vers. sur la conception de la Vierge, qui est le jour qu’oni donne les prix. Elle lit des stances, et on lui en porta lej prix avec des trompettes et des tambours en grande céré-J monie. Elle recevoit cela avec une indifférence admirable ;| elle était même si simple que, quoyqu’elle eût alors quinzej ans, elle avoit toujours des poupées qu’elle habilloit et! déshabilloit avec autant de plaisir que si elle n’eût eu quedix ans. Nous lui faisions reproche de cette enfance, etnous le lui fîmes tant 1 qu’enfin elle fut contrainte de lesquitter, mais ce ne fut pas sans peine : car elle aimoitmieux ce divertissement que d’être dans les plus grandescompagnies de la ville, quoyqu’elle y eût un applaudisse-j ment général, parce qu’elle n’avoit nul attachement pour| la gloire ny pour l’estime, et je n’ay jamais vu personnej en être moins touchée.
| « Cette réputation qu’elle avoit acquise par les gentil-
! lesses de son enfance ne diminua point dans les autresteins; au contraire, elle alla toujours en augmentant, parcequ’elle avoit toutes les grandes qualitez de chaque Age,de sorte qu’on la souhaitait partout, et ceux qui n’avoientpoint d’habitude particulière avec elle recherchoient avecgrand soin sa connoissance. Lorsqu’elle arrivoit en quel-que compagnie où on ne l’attcndoit pas, on y voyoit toutle monde se réjouir de sa venue, et un petit murmures’élevoit 2 , et elle satisfaisoit toujours ceux qui s’atten-doient de lui voir dire quelque chose de beau. Mais ce quiest plus admirable, c’est que tout cela ne l’élevoit point,et qu’elle le recevoit 3 dans une indifférence si grande que
1 L’édit. : nous lui reprochâmes si souvent cette puérilité qu’en-
fin....
8 L’édit, omet : et un petit murmure s’élevoit.
3 L’édit. : recevoit les applaudissements avec une...
il. î.