JACQUELINE PASCAL.
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Dieu en disposa à sa volonté, et mon père mourut le24 septembre. On nous le fit savoir à l’heure même; maiscomme j’élois en couches, nous ne pûmes être 1 à Parisqu’à la fin de novembre. Dans cet intervalle, mon frère,qui étoit sensiblement affligé, et qui recevoil beaucoup deconsolation de ma sœur, s’imagina que sa charité la por-terait à demeurer avec luy au moins un an, pour lui aiderà se résoudre 2 . 11 lui en parla, mais d’une manière quifaisoit tellement voir qu’il s’en tenoit assuré, qu’elle n’osale contredire de crainte de redoubler sa douleur, de sorteque cela l’obligea de dissimuler 3 jusques à notre arrivée.Alors (die me dit que son intention étoit d’entrer en reli-gion, aussitôt que nos partages seraient faits, mais qu’elleépargnerait mon frère, en lui faisant accroire qu’elle yallait faire seulement une retraite. Elle disposa touteschoses pour cela eu ma présence ; nos partages furentsignés le dernier jour de décembre, et elle prit jour pourentrer le 4 janvier. La veille de ce jour-là, elle me priad’en dire quelque chose à mon frère le soir, aflin qu’il nefût pas si surpris. Je le fis avec le plus de précaution queje pus ; mais quoyque je lui disséqué ce n’étoit qu’uneretraite pour connoître un peu cette sorte de vio, il nolaissa pas d’en être fort touché. 11 se retira donc fort tristedans sa chambre, sans voir ma sœur qui étoit lors dans unpetit cabinet où elle avoit accoutumé '* de faire sa prière. Ellen’eu sortit qu’a près que mon frère fut hors de la chambre,parce qu’elle craignoit que sa veiie lui donnât au cœur.Je lui dis de sa part les paroles de tendresse qu’il m’avoitdites : après quoy nous nous allâmes tous coucher. Mais
1 L’édit. : nous ne pûmes nous rendre à Paris.
1 L’édit. : pour le consoler dans ce malheur.
L’édit. : ainsi elle dissimula ses sentiments jusques.
1 L’édit. : elle avoit coutume.