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Tome II.
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: VIE DE JACQUELINE PAR SA NIÈCE.

qui obligea mon grand-père de se retirer en province, auI sujet des rentes de l’Hôtel de Ville sur lequel il avoit la

' plus grande partie de son bien. Il arriva que peu de tems

: après qu’il y fut, il prit une fantaisie à M. le cardinal

| de Richelieu de voir représenter une comédie par des

! enfants. Madame la duchesse d’Aiguillon sa nièce, qu’il' avoit chargée de cela, jeta les yeux sur ma tante qui n’avoit; pas neuf ans; elle envoya un gentilhomme pour on parlerJ à ma mère, qui, quoiqu’elle n’eût que quatorze ans et; demi, étoit la maîtresse de la maison. Ce gentilhomme luidit que madame (l’Aiguillon la prioit de lui donner made-moiselle sa sœur pour être actrice dans cette pièce que lecardinal souhaitoit beaucoup. Ma mère, qui étoit pleine dedouleur de l’absence de mon grand-père, répondit au| gentilhomme fort naturellement que M. le cardinal ne lui

j donnoit pas assez de plaisir pour penser à lui en faire. Ce

î gentilhomme rapporta cette réponse à madame d’Aiguillonqui étoit bonne et obligeante. Elle le renvoya dire à mamère qu’elle sa volt la peine où elle étoit pour M. son père,et que celte occasion lui procureroit infailliblement sonretour, qu’elle s’y employeroit très-fortement, et en par-leroit aussi à M. le chancelier. Ma mère alors s’adoucit et' la pria do lui permettre d’en parler aux amis de son père,et lui donna jour pour revenir. Les amis de mon grand-père conseillèrent à ma mère d’agréer cela, ce qu’elle fit ;alors elle pria un comédien célèbre de ce tems, le nomméMondory, qui étoit de Clermont, et qui avoit pris le nomde Mondory parce que son parrain, qui étoit un homme docondition de cette ville, s’appeloit M. de Mondory, de l’ins-j truire pour faire son personnage : il l’instruisit parfaitement.

Lors donc que la comédie fut représentée, madame d’Aiguil-j Ion promit à ma mère qu’elle présenteroit cette enfant à M. lei cardinal et à M. le chancelier qui avoit promis de s’y trou-