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Tome II.
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JACQUELINE PASCAL.

Ton esprit transporté trouva son feu si douxQu’à l’instant tu voulus en brûler ton époux ;

Tu lui fis bonne part des ardeurs de ton âme ;

Et toutefois ton zèle alloit toujours croissant.

Mais cessons d’admirer cette sainte aventure :

Le feu qui te brûloit est de cette natureQue plus on le prodigue et plus il se ressent.

Chanson '.

Sombres déserts, retraite de la nuit,

Sacré refuge du silence,

Un malheureux à qui le monde nuitNe vient pas par ses cris vous faire violence.

Son tourment est si doux qu’il n’en veut pas guérir :

Il ne vient pas se plaindre, il ne veut que mourir.

Par son trépas dans les lieux habitésOn sauroit les maux de son âme,

Mais dans ces bois toujours inhabités11 vient cacher sa mort pour mieux couvrir sa flamme,Ne craignez pas ses pleurs en le voyant périr :

11 ne vient pas se plaindre, il ne vient que mourir.

Sonnet fait sur des rimes 2 .

Vos discours rigoureux me donnent de la peur;

Mais malgré vos mépris j’aurai cet avantageQue votre œil a toujours la douceur en partagePour amoindrir mon mal par un regard flatteur.

Je sers vos doux attraits avecque tant d’ardeur,

Je trouve tant de charme en leur rendant hommage,Que quand j’y soufîrirois un insigne dommageJe croirois en mourant recevoir de Vhonneur.

Mon âme est pour vos coups une illustre matière,

Qui pour vous contenter se donne tout entièreA des traits qui jamais ne furent sans effet.

Je meurs pour satisfaire à votre injuste envie,

1 Ibid., p. 609.

’ Ibid., p. 667.