ÉCRITS ET LETTRES DE JACQUELINE. II. 1646 A 1652 . 95
ny les autres ne le peuvent apprendre que de Dieu seul.Car, encore que dans cette sorte de reconnoissance on nes’arrête pas aux hommes à qui on s’adresse, comme s’ilsétoient auteurs du bien qu’on a reçu par leur entremise ;néanmoins cela ne laisse point de former une petite oppo-sition à la vue de Dieu, et principalement dans les per-sonnes qui ne sont pas entièrement épurées des impres-sions charnelles qui font considérer comme source de bienles objets qui le communiquent. Ce n’est pas que nous nedevions reconnoîtreet nous ressouvenir des personnes dontnous tenons quelques instructions, quand ces personnesont droit de le faire, comme les pères, les évêques et lesdirecteurs, parce qu’ils sont les maîtres dont les autres sontles disciples ; mais quant à nous, il n’en est pas de même;car comme l’ange refusa les adorations d’un saint, serviteurcomme lui, nous te dirons, en te priant de n’user plus
I de ces termes d’une reconnoissance humaine, que tu tegardes de nous faire de pareils compliments, parce quenous sommes disciples comme toi.
Le second est sur ce que tu dis qu’il n’est pas nécessairede nous répéter ces choses, puisque nous les savons déjàbien ; ce qui nous fait craindre que tu ne mettes pas icyj assez de différence entre les choses dont tu parles et celles’i dont le siècle parle, puisqu’il est sans doute qu’il suffit d’a-voir appris une fois celles-cy, et de les avoir bien retenues,pour n’avoir plus besoin d’en être instruit, au lieu qu’ilne suffit pas d’avoir une fois compris celles de l’autre sorte 1et de les avoir connues de la bonne manière, c’est-à-dire parle mouvement intérieur de Dieu, pour en conserver la con-noissance de la même sorte, quoyqu’on en conserve bien
1 11 y a ici et ailleurs plus d’une petite erreur de transcriptiondans notre manuscrit. -