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perfection ; si bien que la seule peur que j’ay eue de fâ-cher ceux que j’aime a différé jusques ici mon bonheur.Il n’est pas raisonnable que je préfère plus longtempsles autres à moi, et il est juste qu’ils se fassent un peu deviolence pour me payer de celle que je me suis faitedepuis quatre ans. J’attends ce témoignage d’amitié dotoi principalement, et te prie pour mes fiançailles qui seferont, Dieu aidant, le jour de la Sainte-Trinité. Je prieDieu qu’il nous envoyé son Saint-Esprit pour nous ydisposer. ’
N’est-ce pas une chose étrange que vous vous feriez ungrand scrupule, et que tout le monde vous voudroitmal, si pour quelqu’intérèt que ce fût vous vouliez m’em-pêcher d’épouser un prince, encore que je dusse le suivreen un lieu fort éloigné de vous ! Faitfîs-vous même l’ap-plication, et mettez toutes les différences; car cette lettreest déjà trop longue pour l’amplifier encore. J’écris à mafidèle; je vous prie de la consoler, si elle en a besoin, etde l’encourager. Je lui mande que si elle s’y sent dispo-sée, et quelle croye que je la pourrai encore davantage for-tifier, je serai ravie de la voir, mais que si elle vient pourme combattre, je l’avertis qu’elle perdra son temps. Jevous en dis de même, et à tous ceux qui voudroient l’en-treprendre, pour vous épargner à tous une peine inutile.Je n’ay que trop patienté. Dieu veuille que le déchet quecela m’a causé se répare par la pénitence que je désired’en faire. Je prie Dieu de tout mon cœur qu’il n’imputepoint à ceux qui se sont opposés à moi depuis quatre ansle péché qu’ils ont commis en cela, et qu’il leur pardonneà cause que véritablement ils ne savoient ce qu’ils fai-soient.
Ce n’est que par forme que je t’ai prié de te trouver àla cérémonie, car je ne crois pas que tu aies la pensée d’y