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JACUlTXLNE PASCAI..
sensible que Dieu m’a envoyée dans le temps de ma pro-fession, peut-être pour servir de contre-poids à l’extrêmejoie que j’en avois; c’est ce qui m’oblige, par une justereconuoissance, de vous faire participer à la consolationque j’y ai reçue. C’est à ce dessein que je me donnel’honneur de vous écrire; mais parce qu’il est nécessaire,pour vous donner l’intelligence du tout, que vous soyezinformée de mon aventure, j’ai cru que je devois vous eufaire un petit abrégé qui servira en même temps pourvous en donner l’éclaircissement et pour satisfaire à l’obli-gation que j’ai de publier, au moins entre nous (puisqu’ilm’est impossible de le porter plus loin), ce que j’ai re-connu par une notable expérience du désintéressement decelte maison, de la grande charité de nos mères et de lapureté de leurs intentions et de leur conduite, qui a tel-lement paru dans mes affaires qu’il ne faut point d’autrepreuve pour reconnoître qu’elles ne regardent jamais queDieu en toutes les choses où elles sont obligées d’agir.
Ma conscience me presse, ma très-chère mère, derendre à la vérité que je connois, ce témoignage qui estd’autant plus digne de foi qu’il est tout volontaire, etque même je n’ose le rendre public, parce que la modestiede notre mère ne pourroit jamais le souffrir. C’est ce quim’empêche d’oser tenter ce que la gratitude et la justicedemandent de moi, de peur que l’obéissance ne m’inter-dise ensuite le peu qui m’est encore permis, puisqu’on neme Ta pas défendu, qui est de vous en laisser un petitmémorial, qui conserve, à la faveur du silence et du secretque nous garderons entre nous, la mémoire de ce qui s’estpassé, laquelle nous serions autrement contraintes de laisser
Mémoires sur la rie de. la mère Angélique, à l’endroit, cité ci-dessus.