Band 
Tome II.
Seite
177
JPEG-Download
 

ÉCRITS ET LETTRES UE JACQUELINE. III. 1652 A 1661. 177

mes larmes ne soient les accusatrices de mon infidélité.J’ai quelque droit d’attendre cela de vous, puisque parmicelles-là se trouve nécessairement l’heureuse obligationd’être toute ma vie et de tout mon cœur, ma très-chèremère, votre très-humble et très-obéissante servante et fille,Sœur Jacqueline de Sainte Eupiiémie Pascal,religieuse.

Je pensois, ma chère mère, qu’il ne me restait plusd’excuses à vous faire; mais je m’aperçois que j’ai oubliéde vous descandaliser du papier doré que j’ai employé ici.Je l’ai trouvé dans une cassette qu’on m’avoit laissée ; etcomme il ne me restait plus que cela du monde, au moinsdans l’extérieur, j’ai cru en devoir faire un sacrifice àDieu : il m’a semblé que l’or ne pouvoit être mieux em-ployé qu’à reconnoître la charité, puisqu’il en est l’image.C’est ainsi que je ne puis rendre que l’ombre pour la vé-rité de celle qu’on a eue pour moi, et qui mérileroit mieux, à mon sens des caractères de sang que du papier doré,pour en conserver la mémoire.

Joignons ici quelques pages sur la mère Angélique, écri-tes de la main de Jacqueline, et que nous empruntons,comme la relation précédente, aux Mémoires pour servirà l’histoire de Port-Royal, tome ni, page 105

! Addition ou récit de quelques discours que la sœur| F.uphémie a entendu tenir à la mère Angélique en diffé-1 rentes occasions.

Je parlois un jour à la mère Angélique d’une personnedont le père avoit exercé la vocation de faire jouer. Elle medit à ce sujet avec sa force ordinaire : « Le bien de cette

’ Il y en a une copie manuscrite à la.Bibliothèque royale, Sup-plément français, n° 1307. Variantes insignifiantes.