ECRITS ET LETTRES DE JACQUELINE. III. 1652 A 1661. 1TÜ
cola ; co serait une folio do le dire;, mais aussi ne faut-ilpas vouloir publier le pou de bien qu’il y a, en cachant lemal; il faut s’en taire tout à fait, mais s’eu taire do toilesorte qu’on ne le fasse pas à cause de la confusion qu’onauroil à dire ce qui en est, et comme n’osant en parler;autrement on penserait faire grand’chose en ne disant riendu tout, au lieu que ce n’est rien faire que son devoir toutsimplement. »
Je parfois une autre fois à la mère Angélique d’unepersonne qui étoit prévenue d’une fausse dévotion, dont ilparoissoit qu’il serait difficile de la détromper ; elle me dit :« 11 n’est pas seulement difficile, il est tout à fait impossi-ble, si Dieu même ne le fait, et il ne le fera que dans sestemps et dans ses momens. Ce n’est pas qu’on ne doivefaire ce qu’on peut parce qu’on ne sait pas s’il ne voudrapas se servir de ces moyens-là pour exécuter ce qu’il a ré-solu ; mais de s’empresser et de s’ingérer par soi-même devouloir faire comprendre les vérités aux âmes qui ne sontpas encore mûres, c’est vouloir faire luire le soleil à uneheure indue au milieu de la nuit. Tous les princes et tousles plus puissans rois de la terre joints ensemble n’ont pas lepouvoir de faire lever le soleil une heure plus matin qu’ilne doit; et tous les hommes ensemble, avec toute l’élo-quence et toutes les persuasions qu’on se peut imaginer,
I ne sauraient faire voir la vérité à une personne qui n’estpas encore éclairée de Dieu. »
Un autre jour, une personne dit en sa présence qu’ellene vouloit point prendre connoissance d’une affaire qui seprésentait, où une personne affligée, mais qui étoit sus-; pecte de défauts notables, demandoit qu’on la retirât. La? mère releva beaucoup cette parole, et dit qu’elle ne voyoil; presque personne qui ne se délivrât autant qu’il étoit pos-| sible du soin des choses où il y avoil quelque risque à