ÉCRITS ET LETTRES DE JACQUELINE. III. 1652 A 1661 . 197
comme on va de l'humiliation à l’humilité. Dieu vous enfasse la grâce !
J’ai éprouvé la première que la santé dépend plus de J.-C.que d’Hippocrate, et que le régime de l’âme guérit le corps,si ce n’est que Dieu veut nous éprouver et nous fortifier parnos infirmités. Il est vrayque c’est un grand avantage d’a-voir assez de santé pour pouvoir faire tout ce qu’on nousconseille pour guérir notre âme ; mais ce n’en est pas unmoindre que de recevoir une pénitence de la main de Dieumême. Si nous sommes à lui, nous serons toujours bien,soit en vivant, soit en mourant. 11 n’est pas dit : si quel-qu’un veut venir après mo\, qu’il fasse des ouvrages bienpénibles et qui demandent de grandes forces, mais qu’il re-nonce à soy-même ; un malade le peut peut-être mieux fairequ’un homme bien sain.
Après quelques mois d’une piété vive mais raisonnable,Pascal avait succombé à son humeur bouillante,, et sa pre-mière modération avait fait place à une dévotion extrêmeet à des exagérations que sa sœur elle-même lui reprochedans le billet suivant :
EXTRAIT D’UNE LETTRE DE LA SOEUR EUPHÉMIE A SON FRÈREPASCAL.
Ce 1“ décembre 1655 '.
« On m’a fort congratulée pour la grande ferveur qui vous(•lève si fort au-dessus de toutes les manières communes,que vous mettez les balets 2 au rang des meubles superflus..
' Rec. de M. Périer, p 7 et aussi p. 111.
1 Une main récente a mis au-dessus, p. lit, valets. Le manus-crit de la Bibliothèque royale, Suppl, fr., n° 397, contient cette