ÉCRITS ET LETTRES DE JACQUELINE. III. 1652 A 1661 . 205
les faut captiver d’abord jusqu’à ce que l’affection succèdeà l’intérêt.
Pour venir à bout d’une partie de ces choses, il fautque vous preniez l’habitude de les appeler de fois àautre dans votre cabinet, une fois toutes les semaines plusou moins, chacun en particulier, et là, leur demandercompte de leur créance et de leur manière de prier Dieu,et leur expliquer fort brièvement les principaux articlesde la foi et s’arrêter plus sur la morale qu’il en faut tirer,comme de l’unité de Dieu dans la trinité des personnesdivines; leur faire entendre comme quoy, dans la multi-plicité des objets et des affaires de la terre, nous ne devonsavoir qu’un amour, un désir et un nécessaire qui doitrégler tout le reste ; sur les mystères de l’incarnation etde l’Eucharistie, leur faire voir l’obligation d’aimer etd’imiter celui que nous adorons, etc. ; leur faire apprendreles commandemens de Dieu et de l’Église, et leur faireentendre qu’ils s’étendent bien plus loin qu’on ne pensed’ordinaire.
M. de Rebours est aussi entièrement d’avis que vous nemanquiez pas de les faire prier Dieu en commun devantvous tous les soirs.
Jacqueline, comme maîtresse des novices et chargée de
l’éducation des enfants à Port-Royal, consulte son frère
sur une nouvelle méthode de lecture que Pascal avait
inventée. Malheureusement la copie de cette lettre de
Jacqueline dans notre manuscrit est très-défectueuse, et
| plus d’une phrase n’y semble pas très-intelligible. Mais ce
j qui résulte certainement de ce document, resté inconnu
{ jusqu’ici, c’est que la méthode de lecture qui porte le nom
| de Port-Royal doit être attribuée à Pascal; que c’est de
| lui, et par le moyen de sa sœur Jacqueline, qu’elle s’intro-
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