ÉCRITS ET LETTRES DE JACQUELINE. III. 1652 A 1661. 213
vent faire cette action dans un parfait silence, étant bienraisonnable que leurs premières paroles soient de prière etd’action de grâces à Dieu ; et si quelques-unes par nécessitéont quelque chose à dire, elles doivent s’adresser à leurmaîtresse, afin qu’elle-même puisse demander ce qu’ellesauront besoin à celle qui en a le soin, pour éviter toutesles paroles qu’elles se pourraient dire les unes aux autrespendant un si grand silencé que celui du matin, et pour| empêcher aussi que, comme il faut parler fort bas durant
! ce temps-là, elles ne prennent occasion de dire quelqueautre chose que le nécessaire, qui ne pourrait être entendude personne, ce qui leur pourrait être une occasion de faireun mensonge, si on venoit à leur demander ce qu’elles au-raient dit. Cet étroit silence dure jusqu’au Pretiusa deprime, et il se garde aussi depuis VAngélus du soir, mêmeen été, quand elles se promènent au jardin.
| Du temps que les enfants s'habillent.
1. On les exhorte à se peigner et s’habiller le plus; promptement qu’elles peuvent, pour s’accoutumer à donnerle moins de temps que l’on peut pour orner un corps quidoit servir de pâture aux vers, et pour réparer les inutilitésdes femmes du siècle à s’habiller et à se coiffer,ï 2. Aussitôt que les grandes sont habillées, elles peignentet habillent les petitesavec la même promptitude et le mêmesilence. On fait en sorte que le tout soit achevé au plustard à six heures et un quart, qui est environ le temps oùon sonne la première messe.
3. Chaque grande a soin de faire répéter les prières auxpetites en les peignant et coiffant.