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Tome II.
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JACQUELINE PASCAL.

de peur que sans le vouloir elles n’en témoignent quelquechose devant les enfans.

10. Quand on est deux religieuses dans la chambre auxheures que l’office sonne, on le peut dire l’une après l’au-tre, afin qu’il y en ait une qui jette la vue sur les enfans :mais elle ne dira rien des fautes qu’elle leur verra faire,si elles n’étoient importantes, jusques à ce que sa compa-gne ait fini son office, afin de leur donner un très-grandrespect quand elles voyentque l’on prie Dieu. Mais aussi-tôt que l’office est dit (qui est assez court quand on le ditbas), il les faut punir selon la grandeur de la faute, et avecplus de sévérité que quand on ne prie pas Dieu.

11. Quand on est seule, il ne faut point faire de diffi-culté dejetter la vue sur elles, mais il ne leur faut riendire que l’on n’ait entièrement achevé son office. Nousavons vu par expérience le profit que cela leur fait, etquand on est exacte à ne leur point parler, ni à les re-prendre pendant la prière, cela les rend elles-mêmes bienplus respectueuses lorsqu’elles prient, et bien plus crainti-ves de nous interrompre. Nous ne sçaurions trop inspirerà la jeunesse le respect pour Dieu, tant par notre exempleque par nos paroles. C’est pourquoi nous serons très-exac-tes de dire notre office aux heures que l’on le dit au chœur,en quittant tout ce que nous faisons au second coup del’office, et ne nous laissant jamais emporter à acheverquelque chose par attache. Ce n’est pas que s’il se présen-toit un besoin nécessaire de rendre quelque service auxenfans, nous ne le dussions préférer à notre office ; maisil est bon que les enfans et notre propre conscience soientconvaincues que nous n’agissons que pour Dieu, notreexemple étant la plus grande instruction que nous leurpuissions donner. Car le diable leur donne de la mémoirepour les faire ressouvenir de nos moindres défauts, et il