260
JACQUELINE PASCAL.
leur intention. Il est bon de leur faire comprendre cela parquelques petites comparaisons, comme, par exemple,qu’une bonne action qui seroit faite avec amour de Dieu,désir de lui plaire, et d’accomplir sa sainte volonté, nousconduit au ciel, et que tout au contraire, si l’on faisoit lamême action par esprit d’hypocrisie, de vanité, et seule-ment avec désir d’être estimé des créatures, cela ne nié rite-roi t que punition : car n’ayant rien fait pour Dieu, nousn’en devons point attendre de récompense, mais seule-ment des cbàtimens pour payement de notre hypocrisie.
4 . On doit fort exhorter les enfaus à se connoître elles-mêmes, leurs inclinations, leurs vices et leurs passions, etsonder jusques à la racine de leurs défauts. 11 est bon aussiqu’elles connaissent à quoi leur naturel les porte, afin deretrancher en elles ce qui peut déplaire à Dieu, et changerleurs inclinations naturelles en spirituelles. Leur dire que,par exemple, si elles sont d’une humeur affective, elles dui-\entchanger l’amourqu’elles ont pour elles-mêmes et pourles créatures, à aimer Dieu de tout leur cœur, cl ainsi deleurs autres inclinations.
5. On leur peut faire voir quelquefois qu’un des plusgrands défauts de la jeunesse est l’indocilité, et que celaleur est comme naturel : que si elles n’y prennent garde, ceviçe les perdra, les rendant incapables de toutes sortesd’a\ertissemens, et que ce défaut n’est jamais que dans unesprit superbe. C’est pourquoi on leur dira souvent qu’ilfaut qu'elles aiment à être traitées fortement, et qu’ellestémoignent par la douceur avec laquelle elles recevrontles avortissemens qui leur seront donnés, qu’elles agréentqu’on détruise en elles tout ce qui peut déplaire à Dieu.
6. Nous les exhortons à n’avoir point de honte de fairele bien. Car, quelquefois celles qui ont été déréglées onthonte de faire le bien devant celles qui les ont vues dans leurs