27G JACQUELINE PASCAL.
7. Quand on jugea propos de les en priver, il fautbien prendre garde que cela ne leur passe point pour in-différent : au contraire il leur faut faire ressouvenir de laperle qu’elles ont faite, et leur montrer qu’elles doiventêtre dans un continuel gémissement pour obtenir do Dieula grâce de recouvrer ce qu’elles ont perdu, ou d’avoir cequi leur manque pour rentrer dans la participation dutrès-sai n t sacremen t.
8. On ne fera point communier les enfans si jeunes, etparticulièrement celles qui sont badines, légères et atta-chées à quelque défaut considérable. Il faut attendre queDieu ait fait en'elles quelque changement, et il est bonde prendre un temps notable, comme un an ou au moinssix mois, pour voir si leurs actions ont de la suite. Car jen’ai jamais eu de regret d’avoir fait reculer des enfans.Cela a toujours servi à faire avancer en vertu celles quiétoient bien disposées, et à faire reconnoître le peu de dis-position qu’il y avoit dans les autres qui ne l’étoient pasencore. On ne sauroit apporter trop de précaution pour lapremière communion : car toutes les autres dépendentsouvent de celle-là.
9. Après la sâinte communion, il les faut exhorter dene [tas oublier Dieu, qui s’est donné à elles, mais de s’oc-cuper à lui rendre grâces, l’adorer et le prier souvent.Qu’elles doivent veiller continuellement sur elles pour nerien faire d’indigne de sa sainte présence, et qu’elles s’as-surent que Dieu demeurera autant de temps dans leurcœur qu’il ne verra rien en elles qui lui déplaise, et qu’ilne se sépare point de nous jusqu’à ce que nous nous sé-parions de lui les premiers en l’offensant. 11 est bon de lesobserver le jour de la sainte communion, pourvoir si ellessentent Dieu et lui parlent intérieurement, et si elles se.tiennent [dus recueillies.