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Tome II.
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ÉCRITS ET LETTRES DE JACQUELINE. III. 1652 A 1661. 285

il faut au contraire les faire rendre à tout ce que l’on veutpar motif de vertu.

9. Quand il arrive que la maladie est dangereuse, ilfaut prendre avis de la mère abbesse et du médecin pourl’administration des sacremens selon leur âge et capacité,el de notre côté redoubler tous nos soins et nos assis-tances spirituelles et corporelles, pour faire en sorte qu’ellessoient entièrement contentes, afin de leur dégager l’espritde l’occupation qu’elles pourraient prendre d’elles-mêmes,et qu’ainsi elles puissent s’occuper de Dieu autant que leurmaladie, leur âge et leur vertu les en rendent capables,sans trop les presser néanmoins, puisque au contraire nousdevons avoir un soin particulier que nos entretiens ne leursoient point à charge. C’est pourquoi quelquefois on vien-dra les visiter seulement pour les divertir; et selon qu’onles trouvera portées à s’entretenir de Dieu, on pourra mê-ler quelque parole de piété.

10. Aussitôt que les enfans seront guéries, on les ferarevenir avec les autres, de peur qu’elles ne se dérèglent,ce qui est à craindre dans la jeunesse, qui ne demande leplus souvent que la liberté. Mais quoiqu’elles soient reve-nues dans la chambre, on aura grand soin de les nourriret de leur donner du repos autant qu’elles en auront besoinpour le parfait recouvrement de leur santé.

11. Pour les légères incommodités qui leur survien-nent, on leur donnera tous leurs besoins, mais on ne lesllattera pas trop ; car il se trouve des enfans qui font quel-quefois semblant d’être malades. J’en ai vu quelques-unesde cette sorte, quoique par la grâce de Dieu il y a long-temps que cela n’est arrivé parmi les nôtres. Mais quandcela arrive, il ne faut pas faire semblant de croire qu’ellesnous veuillent tromper, mais au contraire il faut les plain-dre beaucoup, et leur dire qu’il est vrai, et qu’elles sont