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Tome II.
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ÉCRITS ET LETTRES DE JACQUELINE. III. 1652 A 1661.307

A faire quelquefois pressentir tes merveilles.

Ainsi, malgré l’hyver et la rude saison,

Un arbre fleurissant dans ta sainte maison '

Nous y fit voir l’espoir d'une chose étonnante.

Ainsi, quand le soleil tenoit tout en repos,

Par des songes de nuit qui n’ont rien que de faux,

La vérité parut à ton humble servante ’.

XXII.

Cette âme en qui le Ciel a paru s’épuiserDe tous les dons divins de grâce et de nature,Mais dont l’humilité, qui les sçait déguiser,Interdit à mes vers d'en faire la peinture,Avant ce grand miracle, au milieu du sommeil,Pensoit voir dans l’église un superbe appareil,Sans sçavoir le sujet de sa magnificence,

Et qu’un peuple dévot, avec empressement,Cherchoit mille moyens, quoique inutilement,De témoigner son zèle et sa reconnoissance.

XXIII.

Je me trouve, Seigneur, dans ce pénible étal ;

Je suis dans cette heureuse et sainte inquiétude.Mon cœur veut témoigner qu’il ne t’est pas ingrat ;Mais mon peu de pouvoir trahit ma gratitude.Mille autres comme moi, dans ce trouble nouveau,Se trouvant ' accablés sous un heureux fardeau,Succombent sous le faix de ces grâces visibles,

1 Note des deux copies et de l'imprimé : « tin arbre fleurit l’hyver d’aupa-ravant dans le jardin de Port-Royal, de Paris. » *

5 T.’imprimé et 1rs deux copies : « La nuit qui précéda le jour du miracle,la mère Agnès eut le songe ici rapporté. »

1 L'imprimé et la copie récente : se trouvent.