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JACQUELINE PASCAL.
loue Dieu, ma chère Demoiselle, de la persévérance qu’ilvous donne; car je sçai par expérience qu’il n’y a point deplus grand bonheur en la terre que celui où vous aspirez,et j’espère que vous croirez cette vérité si Dieu vous faitjamais la grâce d’en goûter. Mais je suis un peu fâchée dece que vous pensez que vous ne pouviez avoir entrée dansla maison, si celle de la personne qu’on ne nomme pointne vous en donnoit le moyen, parce que M. votre père neseroit pas d’humeur à y contribuer. Vous voulez bien queje vous dise que ce n’est pas assez connaître l’esprit dela vocation que vous désirez. Vous auriez tort de faire lechoix que vous faites, si on étoit capable de vous exclurel’entrée d’un lieu où l’on fait profession de pauvreté, parce(pie vous n’auriez point de bien. Ce seroit une contradic-tion si manifeste que vous auriez sujet d’en craindre biend’autres dans ce qui seroit moins évident. Ce n’est pas (pieje ne sache bien qu’on accuse quantité de maisons, très-saintes d’ailleurs, d’estre.dans cotte pratique; mais il fautcroire ou que cela n’est pas ou qu’elles le font par des rai-sons dans quoi nous ne devons point pénétrer. Il me suffitde vous assurer que la seule dot qu’on exige de vous soitun grand désir do servir Dieu et d’estre toute à lui, en tâ-chant d’oublier toutes les créatures comme si elles n’étoientplus, une simplicité qui vous empêche d’avoir aucune con-sidération humaine dans tout ce que vous ferez et danstout ce qu’on vous ordonnera, une humilité qui vous porteà choisir pour vous-même ce qui sera toujours le plus hum-ble et le plus vil, et qui vous fasse embrasser avec joyetoutes les humiliations qui vous arriveront de la part dequi que ce soit, une ouverture de cœur qui ne vous per-mette pas d’avoir aucun secret pour vos supérieures nipour celle qu’on vous donnera en particulier pour vousconduire, un esprit de mortification qui vous empesehe de