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Tome II.
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•JACQUELINE PASCAL.

chères sœurs, séparez-vous du monde le plus qu’il voussera possible; vous êtes avec des personnes si remplies depiété et qui sont si affectionnées à saint Bernard, qu’ellesne s’offenseront pas que vous suiviez son conseil. Il avertitles âmes qui veulent être les véritables épouses de J.-C..,de ne pas se contenter de fuir le monde, mais même leursamis et ceux de la même maison, et enfin toutes les créa-tures, parce que le fils de Dieu veut nous trouver dansla solitude pour parler à notre cœur. Je n’entends pasnéanmoins que vous deveniez farouches et que vous fuyeztout le monde, mais que vous soyez fidèles à le faire aus-sitôt que la nécessité absolue ne vous y retiendra plus, etque, dans le temps que vous serez dans les compagnies,vous y dérobiez souvent de petits momens pour parler àDieu, comme il est dit si admirablement dans le Cœur-nouveau ‘. Je ne m’apperçois pas que je fais une chose jbien étrange de vous donner des avis au lieu où vous êtes; jje n’y viens que d’y penser 2 . Profitez bien des avis el des |secours que vous recevez de M. votre 3 hôte; c’est le meil- 'leur que je puisse vous donner dans le lieu où vous êtes.Priez Dieu pour moi, je vous en supplie, mes chers ienfans, et vous assure que je suis de tout mon cœur, toutà vous. j

La mère prieure 4 vous salue et vous assure qu’elle ne îvous oubliera point. !

Saluez monsieur Périer, etc. !

‘ De M. de Saint-Cyran.

’ Le Recueil.d’Utrecht omet : au lieu où vous êtes.

3 Peut-être Pascal, qui sur la fin de sa vie demeurait chez sasœur, madame Périer; peut-être aussi M. Singlin, qui avait pré-venu l’exil auquel il était condamné en se réfugiant chez un ami.

1 La soeur Marie de Sainte-Madeleine du Fargis. i