ÉCRITS ET LETTRES DE JACQUELINE. III. 1652 A 1661 . 339
une si belle occasion de rendre à Dieu les vœux de fidélitéI que mes lèvres ont prononcés.
Il 1 m’est, indifférent de quels termes on use, pourvu! qu’on n’ait nul sujet de penser que nous condamnons ou; la grâce de Jésus-Christ ou celui qui l’a si divinement
( expliquée. C’est pour cela qu’en mettant ces mots : croiretout, ce que l’Église croit, j’ai omis, et condamner touti' ce qu’elle condamne; mais je crois qu’il n’est pas tempsj de le dire, de peur que l’on ne confonde l’Église avec les
( décisions présentes, comme feu M. de Saint-Cyran a ditque les payens ayant mis une idole au môme lieu où étoitn la croix de Notre-Seigneur, les fidèles n’alloient- pointadorer la croix, de peur qu’il ne semblât qu’ils allaientadorer l’idole.
En y réfléchissant, Jacqueline trouva plus loyal et plusvrai d’envoyer directement cette lettre à M. Arnauld,« dans l’espérance, dit Y Histoire des persécutions des re-' ligieusps, qu’il ne se blesserait pas de la dureté des termesdont elle se servait, quoiqu’ils le regardassent plus quepersonne; elle l’accompagna d’une lettre fort obligeantedans laquelle elle témoignait qu’elle l’avait écrite tout dosuite dans le transport d’une excessive douleur dont elleavait été saisie, par la.pensée que la signature à laquelleon les voulait obliger, était contraire à la sincérité chré-tienne. » La mère prieure Dufargis d’Angennes n’hésitapas à déclarer à M. Arnaud qu’elle partageait l’opinion etles scrupules de la mère sous-prieure ; et ce grand homme,au lieu de s’irriter des vives objections de ces deux reli-gieuses, essaya d’y répondre de son mieux 2 . line si haute
' Ce dernier paragraphe manque dans le manuscrit de Troyes.i 5 C’est ce que dit le Supp. au Nécroloqe, p. 06 ; car la réponse