364 JACQUELINE l'ASCAL. At'I'ENIiK’.E N" 1.
perfection et-ne contribuent point à notre salut, jusqu’à ce 'qu’ils soient arrivés à cc pointd’opérer la mort de la volonté 'qui s’anéantit heureusement dans celle de Dieu ; aprèsquoi la résurrection ne peut manquer de suivre, qui donnela vie immortelle à cette âme qui a renoncé au principe dela mort spirituelle qui est la propre volonté. Tâchons donc,ma chère sœur, de pratiquer la vertu de notre ministèrequi est la volontaire occupation delà mort, en ne refusantpoint de mourir plusieurs fois le jour à nos inclinationspourhonorer cette mort divine qui est le principe de notre vie.
XVII. Le 6 juin. Nous allons pratiquer pendant cc 1saint octave le mystère de la mort de Jésus-Christ, où elle :est non-seulement représentée, mais gravée dans le fond ;des cœurs par le sacrement adorable de son précieux corpset sang, qui nous oblige d’autant plusà l’imiter qu’il n’est 'pas accompagné de l’horreur de la croix, mais de la don- !ceur d’une viande qui nourrit et fortifie ceux qui le reçoi-vent dans le dessein do ne vivre plus que de sa vie, quinous porte doucement et avec amour à mourir à nous-mêmes pour reconnoître la charité de celui qui est mort jpour nous.
XVIII. Le 14 juin 1651. Notre M (ère) m’écrit qu’elle jmande à N. qu’il faut pâlir sans agir en ces rencontres, jparce que ce n’est pas à nous autres lilles à nous mêler deparler des vérités, mais seulement à nous taire, à noushumilier et à prier pour ceux qui sont obligés de défendrel'Eglise. Je ne sais si cette personne a besoin de cet avis ;mais il est certain que la plupart de ceux qui aiment la ,vérité font des fautes; et c’est pourquoi l’on applique ces^paroles du pseaume : l't tle&tmas inimicum et ultorem,à cette rencontre, parce que souvent ceux qui défendentle vérité ne le font pas par l’esprit de Dieu, non plus queceux qui la combattent.