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INTRODUCTION.
de bien qui luttent contre le torrent avec cou-rage, et qui croient lui résister avec succès, parceque c’est à reculons qu’ils descendent vers lesabîmes ! On ne sait si l’œuvre de la démolition parles lois fut poussée plus vivement, aux débuts dela première Révolution. Royauté, Charte, Cham-bres, collèges électoraux, jury, municipalités, con-seils-généraux, conseil d’Etat, gardes nationales,organisation militaire, administration, finances,rapports de l’État et de l’Église, instruction pu-blique , régime colonial, Code pénal, Code civil( la nomenclature épouvante ! ), tout a été repris àla fois en sous-œuvre. Le tour de la pairie estvenu. Ce dernier rempart de l’ordre, ce derniertronçon de la monarchie devait tomber en pous-sière. L’avenir dira qu’il fut un temps et un pays ,où l’enfant qui comptait dix-huit mois à peineétait plus vieux que l’édifice entier des institutionsde la patrie ! Encore, le gouvernement nouveaun’est-il pas achevé, que déjà les entrepreneurs dedestruction brandissent de nouveau la hache et latorche. Il leur faut table rase une seconde fois.A l’exemple de la révolution de 1789 qui ne tardapas à voir surgir dans son sein une seconde géné-ration de réformateurs auxquels la Constitutionde 91 ne pouvait suffire, la révolution de 1830est désormais aux prises avec un arrière-ban ré-volutionnaire impatient de se remettre à l’œuvre.Ce n’est plus seulement l’état politique tout entier,