INTRODUCTION. iq
gion inévitable, si le fléau marque chaque jourde sa croix fatale une de nos maximes, une denos lois, un de nos pouvoirs, en attendant qu’ilpuisse, dans un jour d’audace et de fortune , dé-vorer la société entière.
Comment et pourquoi le taire ? L’état moral decette société, si confiante et si menacée, est ce quinous épouvante bien plus encore que son état poli-tique. Contemplez-vous ces populations d’ordi-naire calmes, laborieuses, avides de jouir en paixdes biens que la main de Dieu a versés sur le sein denotre riche et belle France, vous prendrez espoir,vous envisagerez d’un œil rassuré l’avenir. Maisscrutez le fond de ces masses qu’aucune pensée re-ligieuse ne soutientetn’enchaîne, qu’aucune foi neconsole dans leurs douleurs et n’arrête dans leurscolères, qui frémissent à l’idée de toute hiérarchie,qui ne comprennent et ne tolèrent aucune supé-riorité , qu’un esprit fatal instruit à confondre ,dans une haine sauvage, Dieu et le prêtre, le ma-gistrat et l’autorité, les grands et les rois ! Reportezvos regards sur la région où grondent les partis ;voyez ces tentatives opiniâtres de soulever, dansla multitude, toutes ces mauvaises passions quiminent l’ordre social, de les réveiller lorsqu’ellessont assoupies, de les enrégimenter lorsqu’ellessont flottantes, d’en faire, quelquefois au profitdes bannières opposées, une même milice, pourmarcher comme ces chevaliers de l’Arioste, sur