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LIVRE PREMIER.
passer la philosophie dans les lois, à fonder deshôpitaux et des écoles, à méditer, à mûrir, àformer les grandes entreprises, à appeler les niassescourbées sous le joug de l’indigence, à l’instruc-tion qui les relève, à l’ordre qui les enrichit et lesépure. Quel pouvoir démagogique nous verseraces biens ?
Ah ! si nous voulonsvoir le termede nos misères,gardons-nous d’étendre à la France moderne lessentiments qu’excitèrent les hiérarchies exclusiveset défaillantes du dernier siècle ! Reconnaissonsque nul pays dans le monde ne voit dans lesclasses éclairées autant de sacrifices et d’effortspour provoquer des progrès au sein des masses,sans autre but, sans autre salaire que les satisfac-tions de la conscience. S’il vous plaît de trier desnoms, de faire des distinctions dans l’élite de no-tre patrie, de séparer l’ancienne aristocratie de laclasse moyenne, voyez s’il est une catégorie quin’apporte pas son contingent à toutes nos gloires ;si les débris de cette aristocratie détruite ne se re-commandent pas par des services et des talentsnouveaux ; si la littérature, la politique, la guerrene s’honorent pas chaque jour de noms déjà ins-crits depuis des siècles dans nos annales ! La classeéclairée, ou, si l’on veut, l’aristocratie actuelle,mobile et ouverte à tous, est une dans ses élé-ments divers ; elle marche toute entière à la tête de