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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LIVRE PREMIER.

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intérêts , le sang, la guerre et ses triomphes. Elleexpropria les nobles, tua les rois, brisa les autels ;et vous avez vu la propriété se reconstituer dansles mêmes mains ; le trône se relever pour lesmêmes princes ; vous avez vu aussi les mêmeshommes , qui avaient tour à tour aboli, décrété,bafoué l'Être suprême, border la haie au Saint-Sacrement et plier sous la croix de mission. C’estqu’on modifie, on corrige, on perfectionne unordre social : on ne le détruit pas. La violence,cpii se croit bonne du moins à une telle œuvre, n’apas même cette odieuse vertu. Elle ne détruit pas ;seulement elle provoque des réactions égales à sesdéportements. N’en déplaise à un système ravivépar M. Eusèbe de Salverte à la tribune de laChambre des députés, en politique les morts re-viennent toujours.

Nous sommes, depuis quarante ans, les victimesdes premières fautes de nos pères , de ces témé-rités, de ces destructions soudaines qui ont fait,d’un peuple, deux peuples opposés de vues,d’esprit, de maximes. L’on des deux l’a emporté,au prix d’une génération toute entière immolée,au prix de l’Europe affrontée toute entière. Et àquoi bon ? pour reconnaître, après quarante ans,que cette révolution, qui avait décrété la peine demort contre la proposition du rétablissement dela royauté, ne pouvait s’affermir que sous l’abriprotecteur de la royauté ? Car les révolutions, qui