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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LA. SOCIÉTÉ FRANÇAISE. I I 7

doctrine de la souveraineté du peuple; et voilàque le peuple souverain sentend , moins le roi,moins les princes, moins les grands, moins lesprêtres, moins les nobles, moins les riches, moinsles bourgeois , moins les lettrés ; il ne comprendque la multitude. La multitude règne ; elle règnesans frein, sans contre-poids, sans partage. LaFrance na donc fait que changer daristocratie. 11y a toujours une classe suzeraine , dominante,exclusive. Seulement, celle-ci a le pied dans laboue et la main dans le sang.

En effet, ce qui restait des classes élevées,la tète de la démocratie, dépossédée à son tourde la puissance, na pas eu le temps démigrerou de fuir ; elle est moissonnée sur les échafauds.Lesprit démocratique reconnaît un maître : cestlesprit démagogique, lesprit révolutionnaire quitriomphe ; et il règne sans entraves.

Voyez comme alors, selon son génie fatal de tousles temps, la démogagie renverse tous les fonde-ments de lordre social. Au droit, elle a substituélinsurrection, les piques, la lanterne, la mort,partout la mort! Le passé de la patrie, elle lamené à léchafaud dans la personne de son roi ;les supériorités naturelles ou acquises, qui sontla gloire , qui sont la force des Etats, elle les aabattues à coups de hache , et elle tient la guil-lotine en permanence pour hâter le succès delœuvre. La religion, elle écrase Vinfâme, sui-