CHAPITRE V.
SUITE DU PRÉCÉDENT.
LA CHARTE.
On a fait voir qu’il n’était pas vrai que la res-tauration se fût accomplie par l’étranger. 11 est uneautre méprise, conçue dans les rangs royalistes, quia été également fatale; c’était de croire que la ré-volution fut vaincue avec l’empire, et, de supposeren conséquence, que parce que ce fut le roi qui,par octroi, donna la Charte, il aurait pu ne pas ladonner.
Par qui la France nouvelle aurait-elle été vain-cue ? Par l’ancienne France ? Depuis quinze anselle n’avait pas tiré l’épée. Par les rois conjurés ?Les rois ne le croyaient pas. Ce n’est plus à ellequ’ils faisaient la guerre ; et tel était leur effroi dela voir reparaître sur les champs de bataille, qu’ilsn’intervinrent dans nos affaires domestiques quepour hâter la proclamation de cette Charte quiconsacrait, sans exception, tous les intérêts , tousles principes, tous les droits inaugurés par la révo-lution de 1789. Les couronnes allèrent jusqu’àprendre le pacte fondamental sous leur garantie