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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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2o8 livre troisième.

mots : La Charte est renversée... La monarchie

tremblait sur ses fondements.

Ce jour-là , le Moniteur avait publié tout à couples ordonnances célèbres (du 25 juillet) par les-quelles la couronne , ressaisissant la puissance lé-gislative que la Charte royale avait déléguée àtoujours aux trois pouvoirs, brisait la loi des élec-tions , la loi de la presse, et substituait au droitconstitutionnel le principe : « Si veut le roi, Siveut la loi, » s’autorisant de l’art. 14 de la Charte,mais s’en autorisant, suivant l’expression de M. deChateaubriand, pour confisquer la Charte toutentière.

Le lendemain, mardi 27 , à la pointe du jour,des officiers de police et des soldats se présententà la porte d’imprimeries qui étaient fermées. Onordonne d’ouvrir : de par la loi. Mais il n’y a plusde lois, et les portes restent fermées. Les agentsappellent un homme du métier pour ouvrir ; et cen’est point à Paris seulement, c’est à Lyon, auHavre, à Bordeaux, dans toute la France, qu’ilne se trouve pas un ouvrier, pas un apprenti quiobéisse ! En dehors de la Charte, ils ne connais-sent point de roi.

Les agents recourent aux tribunaux : les tribu-naux les repoussent. U n’y a plus de justice.

Reste la force. On ébranle des bataillons ; onles pousse sur ces masses de peuple désarmées,immobiles, silencieuses. Des officiers brisent leur