LE PARTI RÉVOLUTIONNAIRE.
t
I
!
|
i
t
3 79
Quand lord Chatham ou son fils ne se fiaient pasassez à eux-mêmes et voulaient descendre sur lechamp d’honneur avec toutes leurs armes, ils re-crutaient des alliés en relisant Tacite , Cicéron ,Démosthènes : ils enrôlaient tous ces grands gé-nies sous leurs drapeaux.
Il est des hommes qui, voulant intervenir dansune discussion et avancer ses résultats, portentaux orateurs de leur parti d’autres alliances etd’autres renforts. Dès le matin, ils achètent de lapoudre et des armes. Ils chargent leurs pistolets àballes , mettent double charge si le cas est difficileet la délibération ardue. Ils courent chez tousleurs affidés, les ramassent, bondissent de joiesi beaucoup de forçats sont disponibles : c’estM. Baude, préfet de police, cpii a donné ce détailà la France. Avec un tel renfort, on peut espérerde faire ou défaire les lois, sans souci du vœu réeldes Chambres et du droit des majorités.
Quand Burke veut rompre avec Fox, son ancienami, et qu’il entend l’écraser, il lui dénonce enplein parlement ses dissentiments et son inimitié.Tous deux exposent leurs raisons au jugement deleur pays. Le sang ne coule pas dans cette grandequerelle; mais il y est versé de nobles larmes quivont émouvoir, à ce spectacle, tous les cœurs in-téressés au débat, et ils sont nombreux : car il s’a-git de la plus noble affaire des nations, la liberté.Deux partis, groupés autour des deux grands ci-