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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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4^4 LIVRE QUATRIÈME.

malheureuse nation, suspendue sur un abîme ettoujours près d’y rouler, se sentirait sans sécurité,sans stabilité, sans lendemain. Nous oublions dedire qu’il y aurait longtemps déjà que tous leschefs de l’opposition parlementaire, à l’exceptionpeut-être de M. de Cormenin et de M. Cabet, au-raient été brisés ou à tout le moins rejetés, pre-mières victimes de toutes les calamités dont l’his-toire les dirait les premiers coupables. Noussommes loin de là, grâce à Dieu, parce que c’estle parti constitutionnel qui gouverne.

Mais la fausse liberté lutte contre la véritable,les maximes subversives contre les principes con-servateurs, la société naturelle et légitime contrela démagogie, parce que le parti constitutionnelne gouverne qu’appuyé à des bases révolution-naires. Repoussée quand elle se montrait toutenue à la France, l’anarchie a trouvé asile dansles assemblées nationales. Plus elle était vaincuedans les rues, plus elle semblait présider, commeune fatalité invincible, à toutes les grandes ré-formes. Chassée des carrefours, elle entrait dansles lois. Les pouvoirs publics l’ont traitée commel’Indien fait de son idole, qu’il flagelle pour ven-ger ses maux passés, et devant laquelle il s’age-nouille aussitôt, pour conjurer les maux à venir.

Voilà ce qu’il nous reste à constater ; après quoi,chacun pourra répondre à cette question : quedoit-il advenir?