Les révolutions se font quelquefois par progrès insensible. On est toutétonné de voir les mœurs et les lois changées sans qu’on ait faitattention aux causes légères et sourdes qui ont mené là ; comme àAmbracie, où, après avoir pris des magistrats de mince fortune, onen reçut peu à peu qui n’avaient rien. Il n’y a point en effet, oupresque point de différence entre rien et peu.
Arisiote, Politique, liv. V, chap. 3.