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Vingt mois ou la révolution et le parti révolutionnaire / par N.A. de Salvandy
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LIVRE SIXIÈME.

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Vingt dithyrambes, vingt poèmes, mille écritsont exprimé impunément le même vœu. On a vu,à ces accents, des vétérans de 1793, tristementcélèbres, relever la tête, et venir, pontifes de leurpropre crime, l’encenser à la clarté du jour, con-vaincus que la France de 1830 entendait le glori-fier. Aux élections , la France a répondu par l’ac-cueil qu’elle leur a fait. Mais faut-il s’étonner deces méprises, quand la première loi, apportée auxChambres par le gouvernement de juillet, fut lerappel des votants? M. Dupont (de l’Eure) mitace prix, dit-on, sa présence dans le conseil. Certes,il fallait laisser ouvertes aux conventionnels toutesles portes du royaume; nous l’avons demandé dixfois sous la restauration, par respect pour la lettrede la Charte, par haine des proscriptions, paramour-propre national, par honte d’étaler nosblessures aux yeux de l’étranger. Mais une loi!une loi proposée par la royauté, par la royautéde 1830! et cela le lendemain d’une révolutiontelle que la nôtre !... La révolution anglaise de1688 n’avait point ces maximes. Un juge deCharles 1 er crut pouvoir mettre le pied sur le solbritannique : le roi et le Parlement le repoussè-rent; ils ne lui firent grâce que de la vie. Nousavons eu d’autres errements, et l’arbre porte sonfruit. Qu’on le sache bien : mille mauvais actesjaillissent d’un mauvais acte, et quelquefois seu-lement d’une mauvaise doctrine du pouvoir.