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LIVRE SIXIÈME.
loin de nous ces motifs ! 11 en est un antre qu’ilnous a été permis de dire du haut de la tribuneau général Lamarque et à M. de Salverte, indi-gnés que la Cour des pairs, dans le procès desministres, se fût montrée fidèle à sa jurisprudencede 1820, au lieu de remonter à celle de 1815 :c’est que Ney parut devant la Cour des pairs quandnous sortions des jours de l’empire, quand l’uni-versel silence avait maintenu, à peu de chose près,les esprits au point où la révolution les laissa, etalors le droit public des factions était le vœ victis !La liberté ne nous fut pas donnée en vain. Elleporta dans les opinions et dans les consciences deslumières nouvelles; elle éleva les âmes, agrandit lesnotions de justice et d’humanité , façonna la po-litique à comprendre le prix de la vie des hom-mes , et à s’appuyer sur les sentiments généreuxplus que sur les passions et sur les vengeances. Cesont les vingt-cinq ans de la révolution et de l’em-pire qui tuèrent l’immortel soldat de l’empire etde la révolution. C’est la Charte royale, c’est l’es-prit nouveau créé par elle, qui a préservé , en1830, les ministres poursuivis pour avoir prêtéleur main à la déchirer.
Un mot encore. On a beaucoup dit que l’héré-dité de la pairie n’avait point sauvé l’infortunémaréchal. On a eu raison. Mais c’est que l’héréditéà vrai dire, n’existait pas. Elle venait d’être dé-clarée, la veille du grand procès. Une nombreuse