LIVRE SIXIÈME.
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La discussion de la liste civile laissera de longssouvenirs. On n’avait pas vu encore la monarchiemise ainsi au rabais; la royauté ainsi appréciée àlivres , sous et deniers ; l’ordre politique changéainsi en question d’argent ; l’abolition de toutprestige, la suppression de tout respect ainsi dé-crétées au sein d’un grand peuple. 11 est vrai quecent soixante-quatre de ces législateurs, selon Ba-rême, ont eu soin de déposer hautement le titrede sujets. C’était assez dire qu’ils n’avaient pasentendu faire un roi.
Le roi est le sujet de la loi comme tous les ci-toyens. Les citoyens sont les administrés du maireet du préfet, les paroissiens du curé, les diocé-sains de l’évêque, les justiciables du magistrat,les subordonnés, sous les armes, du colonel et dugénéral. Il n’y a que les rapports du roi, qui doitêtre la loi et la patrie vivantes, avec les autresfrançais, qu’aucun nom dans la langue ne pourraexprimer. En Angleterre, les plus nobles esprits etles plus grands caractères s’honorent du titre desujets. La Constitution espagnole de 1812 qu’onmet à tous propos au-dessus de nos chartes, avaitcru faire une grande conquête en substituant cetitre à celui de vassallos. En France , nous ne se-rons rien, en attendant que le roi en soit là deson côté, ce qui ne peut manquer avec l’esprit quinous domine. En effet, la délibération dont nousparlons n’a été votée que par une minorité, par