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Tome seconde.
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FRANÇAIS. l35

instruite, et l’ordre fut aussitôt donné à Catinatd’entrer en Piémont, et de sommer le duc dese déclarer pour la France, de joindre sixmille hommes à son armée, et de livrerVérueet la citadelle de Turin pour gage de sa fidé-lité. Si le prince refusait, Câlinât devait rava-ger ses états et marcher sur sa capitale.

Victor Amédée, qui, au défaut de force,employait l’adi’esse, l'intrigue, et même lamauvaise foi, et qui, loin de s’en cacher, di-sait ouvertement : a Si j’étais roi de France,» j’aurais d’autres principes, » députa versCatinat, pour le prier de ne pas commencer leshostilités avant qu’il eût reçu réponse d’unelettre pleine de soumission , qu’il écrivait àLouis xiv. Persuadé que rien ne doit êtreaussi sacré que la parole d’un souverain,Câlinât accorda le délai. Le duc en profite: ilassemble des troupes : Eugène vient à son se-cours ; et, au moment où Catinat s’y atetnd lemoins, il apprend que les détachemeus qu’il aenvoyés dans la vallée sont enveloppés detoutes parts.

Instruit de la perfidie d’Amédée, Louis xiven est indigné. Louvois, furieux, écrit à Ca-tinat des lettres menaçantes, et lui annoncequ’il a perdu la confiance du roi. Que fait Ca-tinat ? il ne cherche point à se justifier, mais àréparer la faute que son trop de bonne foi lui afait commettre; il délivre ses délachemenssansqu’il lui en coûte le plus léger sacrifice, entre