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Tome seconde.
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FRANÇAIS. 205

ment, qu’il reçut, avec la nouvelle de la mortde Louis xiii , l’ordre exprès de ne point li-vrer de bataille. Le maréchal de L’Hôpitall’exhorta à se conformer à ces ordres timides.Mais le prince ne consultant que s on courage,et ne prenant pour confident que le braveGassion, se décida à désobéir. Il attaqua à Ro-croy les Espagnols, commandés par le comte deFuentes, et gagna la bataille. Dix mille Espa-gnols, tant tués que prisonniers, leurs dra-peaux, leurs étendards, leurs canons, leur*munitions , leurs bagages, furent les fruits docette mémox-ablejournée. Inquiet sur les suitesd’une action générale avec une armée qui étaitsupérieure en nombre, Gassion, quelquesjours avant la bataille , avait essayé de détour-ner Condé du dessein ov'i il était d’attaquer, enlui disant : « Si nous perdons la bataille, que» deviendrons-nous? » — «Je ne m’en mels» pas en peine, lui répondit le prince, je serai» mort auparavant. » Fermement résolu devaincre ou de périr, il chargea, à la tête de lacavalerie, cette infanterie espagnole, regardéejusqu’alors comme invincible, et l’enfonça detoutes parts. Le pommeau de sa selle fut em-porté d’un coup de canon, et le fourreau desou épée brisé d’un coup de mousquet. Lecomte deFuentes mourut couvert de blessures.Condé, en l’apprenant, dit : «Je voudrais être» mort comme lui, si je n’avais pas vaincu. »