FRANÇAIS. 211
de-Grâce. Après un an de captivité, la libertélui fut rendue, et il revint dans la capitale,où le même peuple, qui avait été si animécontre lui, le reçut avec les transports de laplus vive allégresse.
Mazaiûn ne fut pas plutôt exilé, que la courchercha à se rendre Condé favorable, en lenommant gouverneur de la Guicnne ; mais ceprince, résolu à la guerre, quitta Paris pouraller soulever son gouvernement, ainsi que lePoitou et l’Anjou, et mendier contre sa pairiele secours des Espagnols auxquels il s’étaitmontré si redoutable. Sa réputation, son cou-rage et son activité lui ouvrirent les portesd’une infinité do villes, et grossirent le nom-bre de ses partisans. Dès qu’il se vit assez deforces pour pouvoir attaquer, il alla, déguiséen courrier, se mettre à la tête de l’armée quecommandaient les ducs de Nemours et de Beau-fort. Son arrivée imprévue excita l’enthou-siasme des troupes, et il en profila pour fondresur une moitié de l’armée royale qui était àBléneau, sous les ordes du maréchal d’IIoc-quincourt. Il le mit en déroute et marcha aus-sitôt sur Gien, où la cour était réunie. Nuldoute que le roi, la famille royale, etMaza-rin lui-même, qui était revenu en France,se-raient tombés entre ses mains, si Turenne neles eût sauvés, en empêchant le prince rebellede poursuivre son avantage.