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Tome seconde.
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FRANÇAIS. 3û3

faveurs. Catinat était sans crédit. L’injusticedes ministres de Louis xiv , envers lui, étaitmême si criante, qu’ils exigeaient qu’il fitde grandes choses, et lui refusaient tous lesmoyens de les opérer. Servir dans son arméen’offraitdonc aucune espèce d’avantage, c’étaitplutôt un honorable exil.

Catinat eut pour le duc de Vendôme ceségards délicats qui ne sont rendus et appré-ciés que par les grandes âmes. Ne connaissantd’autre envie que celle de bien remplir sondevoir , il ne craignit pas de faire partager auduc la gloire de ses travaux, et il cherchatoutes les occasions de le mettre en évidence.Il le chargea de conquérir la vallée de Barce-lonette, et lui donna le commandement del’aile gauche de l’armée à la bataille de la Mar-saille. Ce fut à l’intelligence et à l’intrépiditéde ces deux héros qu’on dut le succès de cettemémorable journée. Catinat, dans la relationqu’il en fit au roi, n’cn laissa pas moins toutl’honneur au duc de Vendôme.

L’intrépidité est une des vertus essentiellesdu guerrier; mais il en est d’autres, moinsbrillantes, peut-être, qui le rendent égalementrecommandable, la générosité et le désinté-ressement. Le duc de Vendôme les posséda auplus haut degré. 11 emprunta, engagea sa for-tune, la dérangea même, pour subvenir auxbesoins du soldat, et, lorsque Louis xiv , vou-