ACTE XI, SCÈNE XIV.
Et toi-même avoueras que ce que j'ai fait, part.D'une iKjinte d'esprit, où peu de monde a part.
MASCAlllLLE.
Sachons donc ce qu'a fait cette imaginative.
LÉI.IE.
Tantôt, l'esprit ému d’une frayeur bien vive,
D'avoir vu Trufaldin avec,que mon rival,
Je songeais à trouver un remède à ce mal,
Lorsque, me ramassant tout entier en moi-même,
J'ai conçu, digéré, produit un stratagèmeDevant qui tous les tiens, dont tu fais tant de cas,Doivent, sans contredit, mettre, pavillon bas.
MASCAlllLLE.
Mais qu'est-ce?
LÉLIË.
Ah ! s'il te plaît, donne-toi patience.J'ai donc feint une lettre avecque diligence,Comme^d'un grand seigneur écrite à Trufaldin,
Qui mande qu’ayant su, par un heureux destin,Qu'une esclave qu'il tient sous le nom de CélieEst sa fille, autrefois par des voleurs ravie,
11 veut la venir prendre, et le conjure, au moinsDe la garder toujours, de lui rendre ses soins;
Qu'à ce sujet il part d'Espagne, et doit pour ellePar de si grands présents reconnaître son zèle,
Qu'il n'aura point regret de causer son bonheur.
MASCAlllLLE.
Fort bien.
I.ÉHE.
Écoute donc, voici bien le meilleur.
La lettre que je dis a donc été remise ;
Mais sais-tu bien comment? En saison si bien prise,Que le porteur ma-dit que, sans ce trait falot,
Eu homme l'emmenait, qui s'est trouvé fort sot.
MASCAlllLLE.
Vous avez fait ce coup sans vous donner au diable ?
Oui. D'un tour si subtil m'aurais-tu cru capable?Loue, au moins mon adresse, et la dextéritéDont je romps d'umrival le dessein concerté.
MASCAlllLLE.
■\ vous pouvoir louer selon votre, mérite,
Je manque d éloquence, et ma force est petite.Oui, pour bien étaler cet effort relevé,
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